Par Susannah Banks, présidente de Propriétaires forestiers du Canada (et directrice générale de la Fédération des propriétaires de lots boisés du Nouveau-Brunswick)
Face à l’attaque économique injustifiée du président américain, les Propriétaires forestiers du Canada (PFC) continuent d’agir en bons voisins et demeurent engagés dans la gestion durable des forêts pour que subsistent des communautés résilientes et prospères d’un océan à l’autre.
Les droits de douane annoncés la semaine dernière par le président Trump sur les différents produits forestiers canadiens nuiront non seulement aux propriétaires forestiers, mais aussi aux usines locales, aux travailleurs et à leurs familles, aux communautés, en particulier rurales, et aux clients des deux côtés de la frontière. Avec nos collègues de l’industrie et les gouvernements fédéral et provincial, nous restons fermes pour renforcer le secteur forestier canadien et travailler à soutenir les propriétaires de boisés et l’économie régionale.
Pour beaucoup de ces communautés, la foresterie reste le principal employeur. Les droits de douane sur les produits du bois érodent la compétitivité et mettent les usines sous pression financière, ce qui entraîne des réductions et des fermetures, des réductions de récolte, des pertes d’emploi et des préjudices économiques pour les familles et les communautés.
Personne n’échappe à l’impact des tarifs. Lorsque les scieries ferment, les bûcherons cessent d’exploiter les forêts. Les équipements lourds ne sont ni loués ni vendus, et les camions et autres moyens de transport sont au repos. Les propriétaires forestiers retardent la récolte, car l’accès au marché se réduit. Les plants forestiers ne sont pas commandés. L’impact économique se répercute sur les entreprises locales, où les clients dépensent moins, et la perception des impôts qui financent nos écoles, nos hôpitaux et nos installations de loisirs est réduite.
Les forêts privées contribuent de manière significative à l’économie du Canada. 450 000 propriétaires de boisés, petits et grands, sont membres de PFC. Ils possèdent un dixième des forêts aménagées du Canada, soutiennent toutes les usines du pays et représentent près de 20 % de la production forestière totale du Canada. En 2020, les activités de foresterie et de transformation du bois de ces forêts privées ont créé 38 500 emplois et généré 14,5 milliards de dollars de recettes. Avec l’aide du gouvernement, les propriétaires forestiers pourraient générer beaucoup plus de résultats.
Une partie de la solution aux impacts économiques des droits de douane réside dans le renforcement de notre secteur forestier. D’une part, il s’agit d’élargir les marchés afin de créer des emplois et de stabiliser l’économie, et, d’autre part, d’augmenter la résilience des forêts pour rendre nos communautés plus sûres face aux événements météorologiques extrêmes.
Développer les marchés
Le secteur forestier canadien s’est montré très favorable à ce que les gouvernements encouragent les constructions en bois pour les projets industriels et les habitations résidentielles, afin de résoudre la crise du logement et d’atténuer les effets de cette guerre économique. En donnant la priorité à l’utilisation du bois canadien dans les projets d’infrastructure et de logement, et en accélérant la construction de logements plus abordables dans tout le pays, le marché intérieur du bois se développerait. Mais pour assurer le développement durable et soutenir les communautés rurales, il est important d’inclure dans ces plans les forêts gérées par le secteur privé, qu’elles soient grandes ou petites. En même temps, il est important de continuer à travailler pour augmenter les opportunités d’accès à d’autres marchés pour le secteur forestier canadien, tels que l’Europe et l’Asie, ainsi que d’augmenter les opportunités pour les bioproduits. La PFC estime que les produits du bois issus de forêts privées devraient être exemptés de tout droit de douane et que les propriétaires forestiers devraient être indemnisés lorsqu’ils subissent les conséquences négatives des accords commerciaux, y compris l’Accord sur le bois d’œuvre résineux.
Réduire les formalités administratives et les obstacles réglementaires
Les membres de PFC fournissent de l’eau potable, des habitats sains pour les poissons, la faune et la flore, de l’air pur, la séquestration de gaz à effet de serre, ainsi que des produits forestiers et d’autres services sociaux et écologiques qui soutiennent les entreprises et les communautés locales. Nous devons travailler ensemble pour faire en sorte que les politiques environnementales et d’aménagement du territoire reconnaissent les droits des propriétaires forestiers, reposent sur des bases scientifiques et n’imposent pas de restrictions inutiles qui compromettent l’emploi, l’investissement et les opérations forestières durables.
Améliorer l’économie forestière
La création d’un régime d’épargne et d’investissement sylvicole personnel pour les producteurs forestiers stimulerait l’activité économique dans les communautés rurales et créerait des emplois durables supplémentaires dans le secteur forestier. En soutenant la création d’un tel régime d’épargne, le gouvernement fédéral s’assurait que les propriétaires forestiers canadiens peuvent mettre de côté une partie de leur revenu de récolte pour des investissements futurs dans leur forêt. En cette période cruciale, il contribuerait à débloquer des capitaux privés afin de réduire l’incertitude et d’accroître les investissements, de créer des outils innovants pour contribuer à une économie à faible émission de carbone et d’améliorer la valeur des peuplements forestiers, de leurs produits et de leurs contributions écologiques.
Mise en œuvre des meilleures pratiques sur les terres privées pour les interventions en cas de catastrophe
En tant que voisins dans des milliers de communautés à travers le Canada, les membres de PFC sont souvent la ligne de défense la plus proche et la plus rapide lorsque des incendies de forêt menacent une communauté. De nombreux propriétaires forestiers sont à la jonction des communautés rurales et urbaines et disposent d’équipements de lutte contre les incendies pour protéger les forêts contre les feux. Ils sont également en mesure de participer à des projets de restauration des terres. PFC se réjouit de travailler avec le gouvernement pour mieux comprendre les contributions actuelles de l’aménagement des forêts privées à l’atténuation des catastrophes naturelles et pour continuer à mettre en œuvre les meilleures pratiques en forêt privée à travers le pays.
Maximiser la valeur des ressources forestières privées
Particulièrement qualifiés, les propriétaires de boisés familiaux sont les mieux placés pour gérer durablement nos ressources naturelles dans les communautés rurales : ils ont une connaissance intime de la terre, qui est de surcroît souvent transmise de génération en génération. Nous devons travailler ensemble pour améliorer les connaissances sur la contribution des forêts privées à l’état des forêts et à l’avenir du Canada.
Les membres de PFC travaillent pour le bien-être des communautés rurales durement touchées, pour les propriétaires forestiers, grands et petits, pour les employés et les familles, qui savent que nos forêts sont la promesse d’un avenir durable pour tous les Canadiens, et, simplement, parce que c’est ce que font les bons voisins.
